Le tennis elbow, ou épicondylite latérale, est une douleur à la face externe du coude qui touche aussi les joueurs de padel, surtout ceux qui reprennent fort ou jouent avec une raquette trop exigeante pour leur bras. La raquette n’est jamais la seule cause, mais elle pèse dans l’équation : poids, équilibre, rigidité, mousse, vibrations et prise en main sont autant de réglages sur lesquels on peut agir. Voici ces facteurs, des ajustements concrets, et le moment où il faut cesser de bricoler son matériel pour consulter.
Ce que l’on appelle « tennis elbow »
L’épicondylite latérale désigne une souffrance des tendons des muscles extenseurs du poignet, là où ils s’insèrent sur la petite bosse osseuse à l’extérieur du coude, l’épicondyle latéral. Ces muscles relèvent la main et stabilisent le poignet, exactement ce que fait un joueur à chaque impact quand il tient fermement son manche.
La douleur apparaît en général progressivement : une gêne après le match, puis une sensibilité en serrant un objet, enfin une douleur pendant le jeu. Au padel, elle est souvent réveillée par les revers, les volées bloquées et les smashs frappés bras tendu.
Précisons-le une fois pour toutes : nous fabriquons des raquettes, nous ne sommes pas médecins. Ce qui suit est une lecture matériel du problème, pas un avis médical individuel ; aucun diagnostic ni traitement ne se fait à la lecture d’un article.
Les facteurs liés à la raquette
Une raquette transmet au bras toute l’énergie que la balle ne reprend pas ; plus elle arrive brutalement, plus les tendons du coude encaissent. Six caractéristiques comptent.
Le poids
Entre 340 et 385 g, la fourchette semble étroite, mais chaque gramme se multiplie par le nombre de frappes d’un match. Une raquette lourde demande plus d’effort pour être stabilisée à l’impact et freinée en fin de geste, surtout en volée. Nous détaillons les effets du poids dans notre article sur le poids et l’équilibre d’une raquette de padel.
L’équilibre en tête
À poids égal, une masse concentrée dans la tête exige davantage de l’avant-bras à chaque changement de direction : c’est le prix du levier qui rend le smash puissant. Un équilibre medium ou bas ramène la masse vers la main et soulage le coude.
La rigidité du cadre et la dureté de la mousse
Un tamis très rigide en carbone dense, associé à une mousse EVA dure, restitue l’énergie de façon sèche : balle rapide, mais choc plus franc dans le bras. Une mousse plus souple et un tissage plus tolérant allongent le temps de contact et absorbent une partie du choc.
Les vibrations
Après l’impact, le cadre vibre, et ces oscillations remontent par le manche jusqu’au coude. Certaines raquettes intègrent un amortisseur à la jonction du tamis et du manche, c’est le rôle du système AVS sur nos modèles. Il filtre une part des vibrations ; il n’annule pas le choc d’une frappe décentrée.
Le sweet spot
Plus le sweet spot est petit et haut, plus les balles prises hors de cette zone tordent le poignet. Une forme ronde ou goutte d’eau, au sweet spot large et centré, réduit ces frappes.
Le manche et le grip
Un manche trop fin oblige à serrer fort, ce qui contracte en permanence les extenseurs du poignet ; un grip usé et glissant a le même effet. Nous en parlons dans notre guide sur le grip, le surgrip et la taille de manche.
Les facteurs qui n’ont rien à voir avec la raquette
Changer de matériel ne règle pas tout.
- Le volume de jeu. Passer d’une partie par semaine à quatre parce qu’un club vient d’ouvrir est le scénario le plus fréquent : les tendons s’adaptent bien plus lentement que les muscles.
- La technique. Revers frappé du poignet plutôt que de l’épaule, smash bras tendu sans rotation du tronc, volée « bloquée » sans jeu de jambes : autant de gestes qui chargent le coude au lieu du corps.
- Les balles. Mortes, lourdes ou mouillées, elles demandent plus de force à chaque frappe.
- L’échauffement. Attaquer le match par des smashs après trois minutes de mini-tennis n’aide pas.
- Le reste de la vie. Souris, bricolage, port de charges : le coude ne fait pas la différence entre le court et le bureau.
Prévenir : ce qu’on peut ajuster, et dans quel ordre
| Facteur | Signe qui doit alerter | Ajustement à tester |
|---|---|---|
| Poids | Fatigue de l’avant-bras avant la fin du match | Descendre vers 350-360 g |
| Équilibre | Raquette « qui tire » vers la tête en volée | Passer à un équilibre medium ou bas |
| Mousse | Sensation de choc sec, balle qui « claque » | EVA soft ou medium plutôt que hard |
| Cadre | Vibrations nettes dans la main après impact | Tissage plus tolérant, système anti-vibration |
| Forme | Beaucoup de balles décentrées qui font mal | Goutte d’eau ou ronde plutôt que diamant |
| Grip | Besoin de serrer pour tenir le manche | Un ou deux surgrips, grip neuf et sec |
| Volume | Reprise brutale, douleur le lendemain | Augmenter la fréquence par paliers |
Trois principes complètent ce tableau. Ne changez qu’une chose à la fois, sinon vous ne saurez pas ce qui a aidé. Le renforcement de l’avant-bras et de l’épaule, encadré par un professionnel, prépare mieux le bras que n’importe quel amortisseur. Et si vous reprenez après une douleur, restez du côté tolérant de la gamme, même si votre niveau vous autoriserait autre chose. Nous expliquons pourquoi dans puissance ou contrôle : laquelle pour votre jeu ?.
Quand il faut consulter
Le matériel se règle, la douleur se soigne. Consultez un médecin ou un kinésithérapeute, sans attendre le prochain tournoi, dans l’un de ces cas :
- la douleur persiste au-delà de quelques jours malgré le repos ;
- elle est présente au repos ou vous réveille la nuit ;
- vous perdez de la force en serrant la main, en portant un sac ou en tournant une clé ;
- la douleur revient à chaque reprise, même après une pause de plusieurs semaines ;
- le coude est gonflé, chaud, ou la douleur est apparue brutalement.
Jouer « en serrant les dents » avec une raquette plus légère n’est pas une stratégie : l’ajustement du matériel accompagne une prise en charge, il ne la remplace pas.
Et chez SCUD ?
Toute notre gamme embarque le système anti-vibration AVS et une poignée en silicone alvéolé sous le grip, qui permet de tenir la raquette sans serrer. Mais nos quatre modèles ne sollicitent pas le bras de la même façon.
La SCUD Wood S1 est notre modèle le plus clément : forme goutte d’eau au sweet spot large, 350 g, équilibre medium, coque en carbone 12K et fibre de verre sur une mousse EVA soft. C’est celle que nous conseillons à un joueur qui revient d’une gêne au coude. La SCUD White S3, en carbone 12K, reste tolérante sur les frappes décentrées avec une mousse EVA Hard Power réactive.
À l’autre bout, la SCUD Black Impact B3 est notre raquette la plus exigeante : carbone 18K, EVA Hard Power, forme diamant, équilibre haut. Elle est faite pour un bras préparé et une technique stable. Aucun amortisseur, AVS compris, ne transforme une raquette de puissance en raquette de confort : si votre coude parle, regardez du côté de la collection contrôle.
En résumé
- Le tennis elbow touche les tendons des extenseurs du poignet, à l’extérieur du coude ; le padel le réveille surtout sur les revers et les smashs.
- La raquette compte par son poids, son équilibre, sa rigidité, sa mousse, ses vibrations et son manche ; volume de jeu et technique comptent autant.
- Pour ménager le bras : 350-360 g, équilibre medium ou bas, EVA soft ou medium, sweet spot large, grip adapté, système anti-vibration.
- Ne modifiez qu’un paramètre à la fois et augmentez le volume de jeu par paliers.
- Douleur persistante, nocturne ou perte de force : consultez un professionnel de santé, le matériel n’y changera rien seul.
Questions fréquentes
Une raquette plus légère suffit-elle à faire disparaître un tennis elbow ?
Non. Elle réduit la charge sur le coude et accompagne une récupération, mais une douleur installée relève d’une prise en charge médicale ou kinésithérapique.
Le système anti-vibration protège-t-il vraiment le coude ?
Il filtre une partie des vibrations qui remontent dans le manche après l’impact. Il ne compense ni une raquette trop lourde, ni un équilibre trop haut, ni un geste qui charge le coude.
Faut-il une mousse soft si l’on a mal au coude ?
C’est en général le premier réglage à tester : une EVA soft ou medium absorbe davantage le choc qu’une EVA dure. Le confort gagné se paie par un peu moins de restitution sur les frappes fortes.
Le surgrip a-t-il un effet sur l’épicondylite ?
Indirectement, oui. Un manche un peu plus épais et une surface sèche permettent de tenir la raquette sans serrer, ce qui relâche l’avant-bras.
Puis-je continuer à jouer avec une douleur légère ?
Une gêne passagère après un gros volume de jeu n’est pas rare ; si elle revient à chaque partie ou dure plus de quelques jours, consultez avant de reprendre.
Pour choisir le modèle qui ménagera votre bras, parcourez toutes nos raquettes de padel ou téléchargez notre guide gratuit pour choisir sa raquette.









